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Assurance voiture GPL : tout se joue sur la déclaration

Rouler au GPL ne coûte pas plus cher à assurer. Ce qui coûte cher, c'est d'avoir fait poser un réservoir sans le dire, ou de l'avoir dit à l'installateur et pas à l'assureur. Voici la règle applicable, le circuit administratif à respecter, et les points techniques qu'un expert regardera après un sinistre.

Origine constructeur ou conversion : deux dossiers différents

Un véhicule vendu neuf en bicarburation essence-GPL est réceptionné comme tel par le constructeur. Son certificat d'immatriculation mentionne d'emblée la double source d'énergie, l'installation est couverte par la garantie constructeur, et l'assureur le traite comme n'importe quel véhicule de série : rien de particulier à déclarer, rien à négocier.

Une conversion réalisée après coup est une tout autre situation. Le kit doit être homologué, posé par un installateur qualifié, et l'opération donne lieu à un procès-verbal puis à une modification du certificat d'immatriculation : la source d'énergie du véhicule change officiellement. C'est ce changement qui déclenche l'obligation d'information vers l'assureur.

La règle applicable

L'article L113-2 du Code des assurances impose à l'assuré de déclarer, en cours de contrat, toute circonstance nouvelle ayant pour conséquence d'aggraver les risques ou d'en créer de nouveaux, et qui rend inexactes ou caduques les réponses données à la souscription. Une conversion GPL coche les deux cases : elle modifie la description technique du véhicule et elle ajoute des organes sous pression que l'assureur n'avait pas tarifés.

À défaut, deux sanctions sont possibles. L'article L113-8 permet la nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle : l'indemnité est refusée et les primes versées restent acquises à l'assureur. L'article L113-9 prévoit, en l'absence de mauvaise foi, une réduction proportionnelle de l'indemnité dans le rapport de la prime payée à la prime qui aurait été due. Sur un sinistre incendie total, la différence entre les deux issues et une déclaration en règle se compte en milliers d'euros. La mise à jour de la carte grise et l'information de l'assureur relèvent de la même démarche : faites les deux dans la foulée de l'installation.

Tous les assureurs n'acceptent pas les conversions

C'est le point que peu de conducteurs anticipent. Beaucoup de contrats grand public couvrent sans discuter un véhicule GPL d'origine, mais posent des conditions à une installation rapportée : justificatif d'homologation du kit, attestation de pose par un professionnel, parfois refus pur et simple si l'installation a été réalisée par un particulier ou si le kit n'est pas homologué. Un refus n'est pas un drame — d'autres compagnies acceptent —, mais il faut le découvrir avant de convertir, pas après.

Les points techniques qui intéressent l'assureur

ÉlémentCe qui compteConséquence assurance
RéservoirHomologué, fixé selon les prescriptions du fabricant, en bon état de corrosionUn montage non conforme peut fonder un refus de garantie sur un sinistre lié à l'installation
Soupape de sécuritéObligatoire sur les installations conformes, elle évacue la pression en cas d'échauffementCondition d'accès aux parkings ouverts au public et argument central après un incendie
Procès-verbal d'installationÉmis par l'installateur, il identifie le kit et le véhiculePièce à joindre à la déclaration à l'assureur, à conserver toute la durée de détention
Certificat d'immatriculationSource d'énergie mise à jour après la conversionSans mise à jour, le véhicule assuré n'est pas celui qui circule
Contrôle techniquePoints de contrôle supplémentaires sur l'étanchéité et la fixation du circuit gazUn contrôle défavorable non levé fragilise votre position en cas de litige
Valeur de l'équipementLe coût du kit n'augmente pas mécaniquement la valeur de revente du véhiculeFaites préciser si l'installation est intégrée à la valeur assurée ou non
Le piège de l'indemnisation : après un sinistre total, l'expert évalue la valeur de remplacement du véhicule sur le marché de l'occasion. Or une conversion à quelques milliers d'euros ne se retrouve presque jamais intégralement dans la cote. Demandez à l'assureur, par écrit, comment l'installation sera valorisée — et conservez la facture de pose.

Ordres de prix

Repères nationaux : environ 700 € par an toutes formules confondues, près de 550 € au tiers, 850 à 900 € en tous risques. Le GPL se situe plutôt sous ces moyennes, pour une raison simple : le parc concerné est majoritairement composé de véhicules d'occasion de gamme moyenne, détenus par des conducteurs expérimentés qui cherchent à réduire leur coût kilométrique.

SituationFormuleFourchette estimée par an
Citadine ou compacte GPL d'origine, conducteur avec bonusTiers étendu450 à 650 €
Berline ou familiale convertie, déclaréeTiers étendu500 à 800 €
Véhicule GPL récent, cote élevéeTous risques750 à 1 000 €
Conversion refusée par l'assureur habituelContrat spécialiséMajoration possible de 10 à 25 %

Ces fourchettes sont des estimations. Dans la grande majorité des cas, la déclaration d'une conversion homologuée n'entraîne aucune surprime : le risque incendie d'un circuit GPL conforme est comparable à celui d'un circuit essence. Ce que l'assureur veut, c'est savoir. Le coût réel du GPL en assurance n'apparaît que dans deux situations : le refus, qui oblige à chercher ailleurs, et le sinistre non déclaré, qui expose à la réduction d'indemnité.

Situations voisines

Questions fréquentes

Faut-il prévenir son assureur après avoir fait installer un kit GPL ?

Oui, et sans attendre. L'article L113-2 du Code des assurances impose de déclarer en cours de contrat toute circonstance nouvelle qui modifie le risque tel qu'il a été décrit à la souscription. Une conversion GPL change la source d'énergie et fait l'objet d'une modification du certificat d'immatriculation : elle entre clairement dans ce champ. La déclaration se fait par écrit, avec la copie du procès-verbal d'installation et de la nouvelle carte grise.

Que risque-t-on à ne pas déclarer une conversion GPL ?

Deux sanctions sont prévues. Si l'omission est jugée de mauvaise foi, l'article L113-8 permet à l'assureur de faire prononcer la nullité du contrat : les indemnités sont refusées et les primes restent acquises. Si elle est de bonne foi, l'article L113-9 autorise une réduction proportionnelle de l'indemnité, calculée sur le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due. Dans les deux cas, le sinistre coûte beaucoup plus cher que la déclaration.

Une voiture GPL peut-elle entrer dans un parking souterrain ?

Depuis la réglementation entrée en vigueur en 2000, les véhicules GPL équipés d'une soupape de sécurité sur le réservoir sont admis dans les parkings ouverts au public. Des règlements intérieurs privés, en copropriété ou en entreprise, continuent parfois d'interdire l'accès. Ce point importe pour l'assurance : si vous déclarez un stationnement en box fermé que vous ne pouvez pas utiliser, la description du risque devient inexacte.