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Guide tarification

La surprime, une décision commerciale

Beaucoup d'assurés confondent malus et surprime. Le premier obéit à un barème réglementaire opposable à tous ; la seconde est une majoration que l'assureur décide seul, sur la prime de référence. Une seule surprime est plafonnée par un texte : celle du conducteur novice.

Deux mécanismes à ne pas confondre

Le coefficient de réduction-majoration est une clause-type : son barème est identique chez tous les assureurs et sa mécanique est détaillée dans notre guide du bonus-malus. La surprime, elle, n'obéit à aucun barème général. C'est une majoration que l'assureur applique à sa prime de référence pour tenir compte d'un élément de risque qu'il juge défavorable, avant même que le coefficient n'intervienne. Deux compagnies peuvent donc traiter le même dossier avec des surprimes très différentes, voire sans surprime du tout — ce qui rend la mise en concurrence particulièrement rentable pour les profils concernés.

La seule exception est le conducteur novice. L'article A335-9-1 du Code des assurances plafonne la majoration à 100 % la première année, 50 % la deuxième et 25 % la troisième, dès lors qu'aucun sinistre responsable n'est survenu. Après un apprentissage en conduite accompagnée, ces plafonds sont divisés par deux et la durée réduite à deux ans. Le détail figure dans notre dossier assurance jeune conducteur.

Motif de surprimeNatureOrdre de grandeur et durée constatés
Permis de moins de 3 ansEncadrée par la loi100 %, 50 % puis 25 % sur 3 ans
Sinistres responsables répétésCommercialeEstimation de 20 à 50 %, révisable chaque année
Résiliation par le précédent assureurCommercialeEstimation de 30 à 100 %, souvent 2 à 3 ans
Suspension ou annulation de permisCommercialeEstimation de 50 à 100 %, souvent 2 à 3 ans
Conduite sous alcool ou stupéfiantsCommercialeEstimation de 100 % et plus, jusqu'à 5 ans
Véhicule puissant, usage professionnelCommercialeVariable, intégrée à la tarification du risque

Ces fourchettes sont des estimations issues des pratiques observées sur le marché : aucune n'est imposée par un texte et chaque assureur reste libre de sa grille, comme de son refus d'assurer.

Contester une surprime ou la faire lever

  1. Exigez le motif par écrit — L'assureur doit pouvoir justifier le fondement de la majoration et les informations sur lesquelles il s'appuie. Demandez le détail de la cotisation : prime de référence, surprime, coefficient, garanties optionnelles, taxes et frais.
  2. Vérifiez l'exactitude des données — Une surprime repose souvent sur le relevé d'information ou sur une déclaration de souscription. Un sinistre mal imputé ou une responsabilité mal enregistrée doit être corrigé à la source avant toute discussion tarifaire.
  3. Repérez la date de fin théorique — La surprime novice s'éteint au terme de la troisième année de permis, ou de la deuxième après conduite accompagnée. Les autres suivent une durée annoncée à la souscription : notez-la et réclamez la révision à l'échéance concernée, car elle n'est pas toujours retirée automatiquement.
  4. Demandez la révision par écrit à l'échéance — Un courrier recommandé rappelant l'ancienneté sans sinistre, l'évolution du coefficient et la date d'extinction annoncée obtient plus souvent gain de cause qu'un appel téléphonique.
  5. Mettez en concurrence — Après douze mois de contrat, la résiliation est possible à tout moment et le nouvel assureur se charge des formalités. La marche à suivre est décrite dans notre guide changer d'assurance auto.
  6. En cas de refus généralisé, saisissez le BCT — Après deux refus d'assurance, le Bureau central de tarification peut être saisi par lettre recommandée pour imposer à un assureur la couverture de la seule responsabilité civile : voir notre guide sur le Bureau central de tarification.

Aggravation du risque et pièges classiques

Une surprime en cours de contrat

Hors échéance annuelle, l'assureur ne peut majorer la prime que si le risque s'est aggravé. Vous êtes tenu de déclarer une telle aggravation — suspension de permis, changement d'usage du véhicule, nouveau conducteur régulier — dans les quinze jours suivant le moment où vous en avez connaissance. L'assureur dispose alors de deux options : proposer une nouvelle prime, ou résilier le contrat.

Si vous refusez la proposition, ou si vous ne répondez pas dans les trente jours, l'assureur peut mettre fin au contrat. Ne pas déclarer est plus risqué encore : la sanction peut aller de la réduction proportionnelle de l'indemnité à la nullité du contrat.

Les pièges à éviter

Cumul surprime et malus. Un conducteur novice ayant eu un sinistre responsable subit les deux effets : la majoration légale sur la prime de référence et le coefficient 1,25. Le tarif peut alors doubler d'une échéance à l'autre.

Surprime qui survit à son motif. Rien n'oblige matériellement l'assureur à la retirer à la date prévue si vous ne le demandez pas. Contrôlez chaque avis d'échéance ligne à ligne.

Aller vers un assureur spécialisé trop vite. Les offres dédiées aux profils majorés sont plus chères par construction. Consultez d'abord les grilles classiques, puis notre fiche conducteur malussé si les refus s'accumulent.

Repère de décision : une surprime devient contestable dès lors qu'elle repose sur un fait ancien de plus de trois ans ou sur une donnée erronée. Dans les deux cas, un devis concurrent sert d'argument autant que de solution de repli. Nos autres guides pratiques couvrent chaque étape du contrat.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une surprime et un malus ?

Le malus est un coefficient réglementaire, identique chez tous les assureurs et calculé selon un barème fixé par le Code des assurances. La surprime est une majoration commerciale appliquée à la prime de référence, décidée par chaque assureur selon sa politique de risque. Les deux peuvent se cumuler sur un même contrat.

La surprime jeune conducteur est-elle plafonnée ?

Oui. L'article A335-9-1 du Code des assurances la limite à 100 % la première année, 50 % la deuxième et 25 % la troisième, en l'absence de sinistre responsable. Après un apprentissage en conduite accompagnée, elle est divisée par deux et sa durée réduite à deux ans.

Mon assureur peut-il ajouter une surprime en cours de contrat ?

Uniquement en cas d'aggravation du risque déclarée ou constatée, par exemple une suspension de permis. Il vous propose alors une nouvelle prime : si vous la refusez ou ne répondez pas dans les trente jours, il peut résilier le contrat. Hors aggravation, une hausse ne peut intervenir qu'à l'échéance annuelle.