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Duel

Leocare ou Lovys : deux néo-assurances face à face

Leocare et Lovys ont en commun l'essentiel : une souscription en quelques minutes depuis un téléphone, une gestion sans papier et un positionnement d'abonnement plutôt que de contrat annuel figé. Elles ont aussi en commun un point que beaucoup d'assurés découvrent trop tard : ce ne sont pas elles qui portent le risque.

Le face-à-face, critère par critère

Leocare et Lovys appartiennent à la génération des néo-assurances : des sociétés de technologie qui conçoivent un produit d'assurance, l'habillent d'une application et le distribuent en tant qu'intermédiaires immatriculés à l'ORIAS. Le risque, lui, est porté par une compagnie d'assurance partenaire — une société agréée, soumise au contrôle prudentiel, dont le nom figure noir sur blanc dans vos conditions générales. Cette architecture n'a rien d'anormal : c'est le modèle classique du courtage, modernisé. Mais elle a deux conséquences pratiques. D'abord, votre garantie dépend d'un acteur que vous n'avez pas choisi et dont vous devez connaître le nom. Ensuite, un changement de partenaire porteur peut modifier les conditions à l'échéance, sans que la marque change.

CritèreLeocareLovys
DistributionDistributeur digital, application mobile et site. Contrats portés par un ou plusieurs assureurs partenaires.Distributeur digital, souscription en ligne et application. Contrats portés par un ou plusieurs assureurs partenaires.
Formules autoDu tiers au tous risques, avec un accent sur la modulation des garanties et des options depuis l'application.Du tiers au tous risques, intégrées dans une logique d'abonnement mensuel pouvant couvrir plusieurs risques du foyer.
Franchises typesOrdre de 150 à 500 € en dommages, avec un choix de niveau proposé au moment du devis et parfois ajustable ensuite.Fourchettes comparables, présentées dans le parcours de souscription selon le niveau d'abonnement retenu.
Gestion des sinistresDéclaration depuis l'application, pièces photographiées ; instruction menée avec le gestionnaire mandaté par l'assureur porteur.Déclaration en ligne ou par téléphone ; instruction menée avec le gestionnaire mandaté par l'assureur porteur.
SouscriptionEntièrement dématérialisée, signature électronique, pièces téléversées, mise en gestion rapide.Entièrement dématérialisée, abonnement mensuel sans engagement de longue durée annoncé, mêmes pièces exigées.

Sur les garanties elles-mêmes, il n'y a pas de magie : bris de glace, vol, incendie, catastrophes naturelles, assistance et garantie du conducteur obéissent aux mêmes définitions que chez un assureur traditionnel, car ce sont les conditions générales de la compagnie porteuse qui s'appliquent.

Ce que ça donne selon votre profil

Jeune conducteur urbain. Le parcours 100 % mobile et la possibilité d'ajuster son contrat au fil des mois collent bien à ce profil. La surprime réglementaire s'applique de la même façon qu'ailleurs : 100 % au maximum la première année, 50 % la deuxième, 25 % la troisième sans sinistre responsable, réduite de moitié après conduite accompagnée. Le gain vient du canal, pas d'une dérogation.

Bonus 50 mobile. Si vous changez souvent de véhicule ou alternez les usages, la souplesse de modification en cours de contrat a une vraie valeur. Vérifiez seulement le délai d'effet d'un changement de véhicule dans l'application et la façon dont il est répercuté sur la cotisation.

Petit rouleur. Un contrat mensualisé et modulable convient à un usage irrégulier, mais attention à ne pas confondre souplesse commerciale et assurance au kilomètre. Si vous roulez très peu, comparez explicitement avec une formule kilométrique, dont la logique de tarification est différente.

Famille avec plusieurs risques à couvrir. C'est l'argument central du modèle d'abonnement multi-produits : réunir auto, habitation et objets du quotidien sous une même mensualité et un même espace de gestion. L'intérêt est réel en simplicité ; il doit être vérifié en prix, ligne par ligne, contre des contrats séparés.

Malussé ou résilié. Les néo-assurances dépendent de la politique d'acceptation de leur assureur porteur, qui est rarement positionné sur les risques aggravés. Un malus élevé ou une résiliation récente conduit souvent à un refus automatisé, sans possibilité de plaider son dossier. Les acteurs spécialisés restent la voie appropriée, et après deux refus écrits, le Bureau central de tarification peut être saisi par lettre recommandée dans les quinze jours pour obtenir la garantie de responsabilité civile.

Comment départager concrètement

  1. Identifiez l'assureur porteur, dans les deux cas. Son nom figure dans les conditions générales et sur l'attestation. C'est lui qui vous indemnisera : cette information doit être connue avant la signature, pas après le sinistre.
  2. Vérifiez qui gère le sinistre. La marque, un gestionnaire délégué ou la compagnie ? Demandez le circuit exact : numéro à appeler, délai de prise en charge, désignation de l'expert, réseau de réparateurs mobilisable.
  3. Testez l'application avant de souscrire. Créez le devis, allez jusqu'à l'écran de récapitulatif et vérifiez que vous pouvez lire les conditions générales complètes en PDF. Une application qui ne donne pas accès au contrat intégral est un mauvais signe.
  4. Mesurez la vraie modularité. Listez ce que vous pouvez changer seul depuis l'application — franchise, options, véhicule, conducteur — et ce qui nécessite un échange humain. C'est le cœur de la différence entre ces deux acteurs.
  5. Chiffrez l'abonnement multi-produits contre des contrats séparés. Additionnez le coût annuel réel de chaque risque couvert et comparez au total de contrats classiques équivalents. La simplicité a une valeur, mais elle doit être quantifiée.
  6. Contrôlez les modalités de sortie. Préavis, remboursement au prorata, procédure de résiliation. Après douze mois, la loi Hamon s'applique à ces contrats comme aux autres : le nouvel assureur effectue la démarche à votre place.
Le réflexe qui protège : conservez hors application une copie PDF de vos conditions générales, de vos conditions particulières et de votre attestation. Si l'accès à l'application est perturbé au moment où vous en avez besoin, vous gardez la preuve de vos garanties. Notre guide déclarer un sinistre rappelle les délais applicables.

Pour aller plus loin, consultez la fiche Leocare et la fiche Lovys. Si vous préférez un acteur qui porte lui-même le risque tout en restant 100 % en ligne, lisez le duel Direct Assurance ou L'olivier.

Questions fréquentes

Qui m'indemnise réellement chez une néo-assurance ?

L'assureur porteur du risque, dont le nom figure dans vos conditions générales, et non la marque qui vous a vendu le contrat. Leocare et Lovys sont des distributeurs immatriculés à l'ORIAS : ils conçoivent l'offre, gèrent la relation et souvent une partie du dossier, mais l'engagement d'indemnisation appartient à la compagnie partenaire. C'est elle qui garantit vos sinistres.

Peut-on modifier ses garanties en cours de contrat depuis l'application ?

C'est la promesse centrale de ces acteurs : ajouter ou retirer une option, modifier une franchise ou faire évoluer sa formule depuis l'application, sans courrier. Vérifiez toutefois deux points dans les conditions générales : le délai d'effet de la modification et l'existence éventuelle d'un délai de carence sur une garantie nouvellement ajoutée.

Un contrat de néo-assurance est-il valable pour le contrôle routier ?

Oui, dès lors que le véhicule est correctement enregistré dans le Fichier des véhicules assurés. Depuis la suppression de la carte verte le 1er avril 2024, les forces de l'ordre vérifient l'assurance via ce fichier. Vous recevez un mémo véhicule assuré, document d'information qui n'a pas à être apposé sur le pare-brise.